Les métiers se transforment, les usages de l’IA progressent et les collaborateurs attendent des formations utiles. Dans ce contexte, le digital ne remplace pas le présentiel : il en complète les apports. La formation idéale en 2027 repose ainsi sur une approche multimodale, dans laquelle chaque format répond à un objectif précis. Le présentiel favorise l’expérimentation et la coopération, l’e-learning rend les contenus accessibles à tout moment, tandis que l’IA personnalise les ressources et que les simulations immersives préparent à des situations complexes. L’enjeu consiste donc à choisir la modalité la plus adaptée à chaque compétence.
3 points clés à retenir :
- Le présentiel reste incontournable pour l’entraînement, les échanges et les compétences relationnelles.
- L’IA personnalise les contenus et les exercices, mais ne remplace pas le formateur.
- Le blended learning associe les formats selon les besoins pédagogiques et les situations de travail.
Pourquoi le présentiel revient-il au cœur des stratégies de formation ?
Le présentiel répond à des besoins que le distanciel couvre moins facilement. Dans les organisations où le télétravail est installé, les sessions en salle créent des temps de rencontre utiles. Elles rassemblent les équipes autour d’un objectif commun et favorisent une prise de recul par rapport au quotidien. Les échanges sont aussi plus spontanés. Les participants partagent leurs expériences, comparent leurs méthodes et identifient des solutions concrètes.
Cette dimension collective est précieuse pour l’intégration de nouveaux collaborateurs, l’accompagnement du changement ou le renforcement de la coopération entre services. Le présentiel est surtout efficace lorsqu’il faut pratiquer. Les jeux de rôles, les études de cas, les exercices collectifs et les simulations permettent de tester une posture, de se tromper et de recommencer. Le formateur et les autres participants peuvent alors donner un feedback immédiat. Cet entraînement facilite le transfert des acquis sur le terrain.
Il est particulièrement adapté pour :
- Les formations managériales
- Les ateliers de leadership
- La prise de parole et la communication
- La gestion des conflits
- L’intégration de nouveaux collaborateurs
- Les démarches de co-développement
- L’accompagnement d’une transformation
Selon le Baromètre 2026 de la formation professionnelle d’Unow, 57% des formations dispensées en entreprise relèvent du présentiel pur. Cette part est stable depuis trois ans. Le présentiel ne constitue donc pas une solution provisoire ou un simple retour aux pratiques d’avant-crise : il reste une modalité durable pour les compétences qui demandent interaction et expérimentation.
Quels formats composeront la formation idéale en 2027 ?
La formation idéale ne sera ni totalement en salle ni entièrement à distance. Elle combinera plusieurs formats dans un même parcours. Cette approche est connue sous le nom de blended learning ou formation hybride.
Le présentiel intervient pour les séquences à forte valeur ajoutée : ateliers pratiques, mises en situation, retours d’expérience et débriefs collectifs. L’e-learning transmet les fondamentaux, prépare une session ou permet de réviser. Les classes virtuelles servent à répondre aux questions et à maintenir le lien entre deux temps de formation.
Le choix du format dépend donc de la compétence visée. Un contenu réglementaire, une procédure ou des notions théoriques peuvent être abordés à distance. À l’inverse, les compétences comportementales (soft skills), un échange difficile ou une situation managériale gagnent à être travaillé avec un formateur et un groupe.
Le blended learning représente 41% des offres de formation en 2026, selon l’ISTF, devant le présentiel majoritaire, à 39%, et le distanciel majoritaire, à 20%. Ces données confirment que les entreprises cherchent moins à remplacer un format par un autre qu’à les articuler de manière cohérente.
Exemple : un parcours hybride pour former les managers
Une entreprise souhaite aider ses managers à mieux conduire les entretiens individuels et à formuler des feedbacks constructifs. Elle peut construire un parcours en plusieurs temps :
- Un module e-learning présente les principes du feedback, les erreurs à éviter et les étapes d’un entretien.
- Une journée en présentiel permet de s’entraîner à partir de jeux de rôles et de situations inspirées du quotidien des managers.
- Un assistant IA propose ensuite des scénarios personnalisés pour poursuivre l’entraînement entre deux sessions.
- Une classe virtuelle de suivi réunit les participants quelques semaines plus tard afin de partager les difficultés rencontrées et les bonnes pratiques.
Ce type de parcours associe acquisition de connaissances, entraînement, mise en pratique et retours d’expérience.
Comment l’IA rend-elle les parcours de formation plus personnalisés ?
L’intelligence artificielle générative peut aider à concevoir, actualiser et adapter les contenus de formation. Elle facilite la création de quiz, d’exercices, de scénarios ou de ressources de révision. Elle peut aussi recommander des modules selon le métier, le niveau ou les résultats d’un collaborateur. Elle soutient l’adaptive learning. Cette approche adapte progressivement la difficulté, le contenu et le rythme d’un parcours aux besoins de chaque apprenant. Une personne déjà à l’aise avec un sujet peut avancer rapidement. Une autre reçoit des explications ou des exercices complémentaires.
L’IA peut aussi servir d’outil d’entraînement. Après une session sur la conduite d’entretien, un manager peut s’exercer avec un assistant conversationnel qui lui propose un cas concret. L’objectif est de préparer ses arguments, de tester plusieurs formulations et d’anticiper les réactions possibles.
Ces usages doivent néanmoins rester encadrés. L’IA ne doit pas fournir automatiquement la bonne réponse, mais encourager l’analyse et le raisonnement. Les contenus générés doivent être vérifiés et les données internes et personnelles doivent être protégées. C’est pour toutes ces raisons que l’accompagnement d’un formateur reste essentiel pour les compétences complexes.
Pourquoi les soft skills deviennent-elles prioritaires face à l’IA ?
Les simulations immersives complètent les parcours lorsqu’il est difficile, coûteux ou risqué de s’entraîner en conditions réelles. Elles permettent de répéter une procédure ou une interaction professionnelle dans un environnement sécurisé.
La réalité virtuelle plonge l’apprenant dans un environnement simulé. Elle peut reproduire une intervention technique, un exercice de sécurité ou une situation relationnelle. La réalité mixte ajoute des informations numériques à l’environnement réel, par exemple pour guider un technicien pendant une opération de maintenance.
Ces outils sont utiles pour :
- Apprendre des gestes techniques
- S’entraîner aux procédures de sécurité
- Préparer une intervention de maintenance
- Simuler une relation client complexe
- Travailler un entretien managérial ou une situation de conflit
Les technologies immersives ne remplacent pas le présentiel. Elles apportent un espace de répétition et de mise en situation, qui gagne à être suivi d’un débrief collectif. La réalité mixte peut notamment faciliter le guidage de précision, la visualisation d’informations complexes et la collaboration dans les métiers techniques.
Exemple : Former à la gestion d’un entretien difficile
Un manager peut s’entraîner, grâce à la réalité virtuelle, à annoncer une décision délicate à un collaborateur virtuel. Il doit écouter ses réactions, reformuler ses inquiétudes et expliquer sa décision avec clarté. La simulation peut être répétée plusieurs fois afin de tester différentes approches. Un débrief avec un formateur ou le groupe permet ensuite d’identifier les bonnes pratiques et les axes de progression.
L’IA ne marque pas la fin du présentiel. Elle pousse les entreprises à mieux organiser leurs parcours de formation. Le digital facilite l’accès aux contenus, la personnalisation et l’entraînement entre deux sessions. Le présentiel reste indispensable pour pratiquer, coopérer et développer les compétences relationnelles. En 2027, l’enjeu des directions RH sera de combiner ces modalités pour répondre aux besoins réels des métiers et des collaborateurs.
Vous vous posez peut-être ces questions ?
Le présentiel va-t-il remplacer le distanciel en entreprise ?
Non. Le présentiel et le distanciel répondent à des besoins différents. Le premier est adapté à l’interaction, à l’entraînement et aux compétences relationnelles. Le second facilite l’accès aux contenus et le suivi des apprenants. Les entreprises ont intérêt à les associer dans un même parcours.
Qu’est-ce que l’adaptive learning ?
L’adaptive learning est une approche qui ajuste les contenus, les exercices et le rythme de formation au niveau de chaque apprenant. L’IA peut faciliter cette personnalisation en proposant des ressources ou des activités adaptées aux résultats obtenus.
Quelles formations sont adaptées à la réalité virtuelle ?
La réalité virtuelle convient aux formations techniques, aux procédures de sécurité, aux métiers à risque et aux mises en situation relationnelles. Elle permet aux participants de répéter une opération ou un échange complexe dans un environnement sécurisé.
Sources :
https://www.unow.fr/c/evenements/le-printemps-de-la-formation#pr-kip
https://ainoa-asso.fr/barometre-istf-2026-les-chiffres-cles-du-digital-learning/
https://avenria.com/blog/tendances-formation-professionnelle-2026/
https://www.focusrh.com/formation/formation-professionnelle/competences-ia-formation-les-drh-face-une-equation-de-plus-en-plus-complexe-36297.html